samedi 19 juillet 2008

Encore un film argentin comme on les aime, une de ces histoires simples et sans prétention où chaque dialogue nous confronte à un choix de vie, où chaque prise de vue rappelle un morceau de cette Argentine aux longs chemins droits, aux trop nombreux villages de fin du monde, aux paysages dévastés qui pourraient être partout, mais qui ne sont que là.
Un lugar en el mundo, un lieu dans le monde, c'est l'histoire d'Ernesto, de ses 12 ans, de ses parents revenus en Argentine après l'exil politique pour monter une coopérative agricole dans les montagnes de San Luís. L'impasse dans laquelle s'enfoncent progressivement les paysans, coincés entre les idéaux du père d'Ernesto, instituteur du village, et les appâts très matériels que leur tend le propriétaire le plus puissant de la région pour racheter leurs terres en vue de la construction d'une centrale hydro-électrique, telle est, en gros, l'intrigue du film. Mais davantage qu'à un petit polar écolo-politique, c'est à une réflexion sur l'humain et ses rêves que nous invite Aristarain: que peuvent les idées dans un monde où la personne l'emporte toujours sur la communauté - et ce d'autant plus lorsque la personne a faim...? Ces grandes choses auxquelles on a cru, celles pour lesquelles certains sont morts, que valent-elles face à la souffrance de l'instant?
Aristarain nous confronte à des personnages sans nuances, fidèles à ce qu'ils ont été au détriment, peut-être, de leur lucidité - et donc infiniment touchants. Mario, le père d'Ernesto, Ana, sa mère, Hans, l'ingénieur germano-espagnol, ou Nelda, la bonne-soeur anarchiste, sont les reliques d'un combat qui, apparemment, n'a plus lieu d'être. Et pourtant, sans eux, pas de rêve, pas d'Histoire, pas d'espoir...





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2 Commentaires:

  1. Michèle a dit...
    Tiens ! une Nathalie, qui nous gratifie une fois de plus d'une jolie histoire, qui partage ses réflexions...
    Décidément et malheureusement pour moi ils parlent vraiment trop vite pour ma "comprenette", mon guide de conversation sera un précieux allié si je veux partir...
    Nathalie Vuillemin a dit...
    Non, ils ne parlent pas tous comme cela, là-bas. Et en l'occcurrence c'est surtout le personnage espagnol d'Espagne qui pose problème. En agrandissant un peu la fenêtre du film, tu verras les sous-titres (qui ne sortent pas très bien après compression, mais ça peut aider tout de même!).