dimanche 17 août 2008

Un petit jeu sympathique circule actuellement entre bloggueurs, un jeu qui permet de découvrir des livres, des phrases au hasard et qui, donc, m'a plu.

C'est Michèle qui m'en a envoyé les règles via un article de son blog. Il s'agit de citer la cinquième phrase, puis les 4 suivantes, de la page 123 du livre qu'on lit actuellement.

Un joli prétexte pour vous parler en deux mots de ce magnifique écrivain uruguayen qu'est Eduardo Galeano. De notre côté de l'Atlantique, Galeano est surtout connu pour Les veines ouvertes de l'Amérique latine. L'Histoire implacable du pillage d'un continent (Plon, 1981; 8 € en format poche, pour un livre qu'il faut lire!). Mais c'est un écrivain prolifique, toujours engagé, cherchant obstinément à comprendre comment fonctionne cet étrange continent qu'est l'Amérique latine, quels sont ses rapports à l'Europe, aux États-Unis, quel est le sens du mot "démocratie" dans ce sud du monde toujours en mouvement. Indispensable, donc, pour tenter d'entrer dans la mentalité latino-américaine, en profondeur, sans intellectualisme mal placé, et souvent avec beaucoup d'humour.

Je vous recommande vivement tous les ouvrages de Galeano traduits en français, mais plus particulièrement Sens dessus dessous: l'école du monde à l'envers (Homnisphères, 2004), et l'ouvrage dont je tirerai la citation qu'attend Michèle avec impatience: El libro de los abrazos ou, en français, Le Livre des étreintes (La Différence, 1995). Il s'agit de petits textes d'une demi-page à deux pages, oragnisés par thèmes (par exemple: théologie; la culture de la terreur; l'alinénation; la fonction du lecteur; la frontière de l'art; célébration de la voix humaine), que Galeano illustre en racontant une anecdote tirée de son expérience de l'Amérique latine. Drôle, émouvant et très philosophique.

La page 123, dans mon édition en espagnol, est la deuxième demi-page de "El reino de las cucarachas" (Le royaume des cafards). Voici la cinquième phrase, et les 4 suivantes (3, en fait, puisqu'ensuite on tourne la page et change de texte...):

El viejo Cedric me miró con sus grandes ojos transparentes y simuló arrodillarse ante quienes van a reinar sobre la tierra:

- Los seres humanos hemons abdicado el planeta - proclamó - en favor de las cucarachas.

Entonces arrimó la botella y llenó los vasos:

- Un traguito, mientras se pueda.

Je vous laisse au mystère de ces quelques lignes en vous suggérant fortement d'aller y voir de plus près...

Quant à la chaîne que je devrais ici poursuivre en invitant 5 bloggueurs à l'exercice, je m'abstiens, ou presque, car je n'aime pas vraiment les chaînes. Libre à chaque lecteur de continuer, moi je ne l'enverrai qu'à une jeune utopiste en panne d'inspiration depuis le 26 juillet...

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3 Commentaires:

  1. Michèle a dit...
    Merci Nathalie. Je l'ai lu au mois de mai
    http://ecri-vaine.blogspot.com/2008/05/livres-lecture-papier-criture.html
    Nathalie a dit...
    Vu la rapidité de ta réaction et le genre de ping-pong auquel nous nous adonnons ce matin, il doit faire un temps aussi rieux à Strasbourg que dans le Jura suisse en ce dimanche...
    Patxi a dit...
    il y a aussi, pour les amateurs: el futbol, a sol y sombra.Un extraordinaire bouquin sur le football, par rubrique..
    Galeano, énorme bonhomme.
    Plutot méfiant de Chavez, d'ailleurs...