samedi 6 février 2010

Que de pluie, que de bruit, que de fleurs! 
Nous avons vécu à Buenos Aires une fin de voyage bien tropicale, avec des températures en permanence au dessus de 25 degrés, une pluie presque continue, chaude, épaisse, des rues innondées. Nous étons rentrés parfaitement secs d'une semaine de camping dans les parcs nationaux du Chili, avec des orages toutes les nuits; nous quittons notre petite auberge de Palermo Viejo humides jusqu'au plus profond de nos livres...


Il faut imaginer Buenos Aires comme un immense jeu d'échec - moyennant, ici ou là, quelques aberrations diagonales, ou une petite rondeur dans l'ancien port de La Bocca - traversé par quelques immenses avenues (20 pistes circulables, pour vous donner une idée de la plus grande, la 9 de Julio avec ses deux appendices), et fonctionnant autour de grands quartiers ayant chacun leur histoire, leur public, leur architecture. Dans le centre, les buildings ultra-modernes, qui s'imposent avec tout l'espace nécessaire pour les rendre plus énormes encore, dirait-on, cotoient les vieilles maisons encastrées les unes dans les autres en un labyrinthe de ruelles. A Palermo, on se promène entre des immeubles bien entretenus qui évoquent les quartiers résidentiels de Rome. A la Bocca, on revient en Amérique latine, avec deux rues des petites maisons d'un ou deux étages, colorées à souhait et transformées en véritables bombonnières pour le bonheur des cars de touristes, alors que quelques centaines de mètres au-delà, passée la voie de chemin de fer désafectée, on s'aventure à ses propres risques là où la vie n'a rien d'une attraction, où les lois changent, où chaque mur est un slogan, chaque regard un message. Ici, comme dit le poète, los aires no son tan buenos.
Et puis, à tout cela, il faut ajouter le vert ominprésent - ou presque - des parcs et des places qui donnent à la ville un charme inoui; les théâtres, la musique, les librairies (partout des livres!), les marchés, les épiceries de quartiers, tout ce qui fait qu'avant d'être une ville qu'on visite, Buenos Aires est une ville qu'on vit, en apprenant à utiliser quelques bus remplis de gens d'ici, en s'asseyant dans une cantine sans attrait ou, au contraire, dans un grand café historique (où on mangera moins bien pour six fois plus cher, mais c'est beau...), en entrant, en début d'après-midi, pour se reposer des kilomètres parcourus, dans un cinéma qui ne diffuse que des films argentins (4 CHF le billet pour deux personnes!), en déambulant sans but dans les avenues du cimetière de Recoleta pendant que d'autres cherchent frénétiquement  les tombes de Gardel ou d'Evita.
Il faut avoir du temps pour vivre Buenos Aires.
 
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1 Commentaire:

  1. Marine De Clynsen a dit...
    je rentre de Buenos Aires, j'y suis restée un peu, suffisamment pour la vivre, et je souris en lisant votre article et me replongeant dans les recoins de mes souvenirs récents... merci de ce clin d'oeil qui nourrit ma nostalgie!