samedi 6 février 2010
Cartographie: Argentine, Carnets de route
dimanche 31 janvier 2010
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
vendredi 29 janvier 2010

Commentez cet article
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
mercredi 27 janvier 2010
Commentez cet article
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
lundi 25 janvier 2010
Commentez cet article
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
mardi 19 janvier 2010
J'ai bien essayé d'ajouter quelques photos mais les ordinateurs du coin ne lisent pas ma carte. D'ici une petite semaine peut-être...
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
vendredi 15 janvier 2010
Commentez cet article
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
mardi 12 janvier 2010
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
dimanche 10 janvier 2010
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
dimanche 3 janvier 2010
Citations tirées de:
Bruce Chatwin, En Patagonie, 1977.
Luís Sepúlveda, Le Monde du bout du monde, 1993.
Blaise Cendrars, Prose du Transsibérien, 1913.
Pablo Neruda, Chant Général, 1949.
Lat. 44-55°S.
Long. 66-76°W.
Commentez cet article
Cartographie: Carnets de route, Patagonie
dimanche 28 décembre 2008
C'était le moment, quelques jours avant la fin définitive de 2008: j'ai mis en ligne mes photos de Cuba. Vous pouvez les voir en cliquant ici.
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
dimanche 2 novembre 2008
y soñando partiré
sé que ya no sé quien soy
y no sé ni adonde voy
sé que un viaje es descubrir
que no hay viaje sin sufrir
sé que busco mi verdad
y que un viaje es soledad
soy como una bicicleta
rueda, rueda mi historieta
sé que al fin voy a llegar
siempre, siempre regresar
soy todo lo que viví
más las dudas sobre mí
sé que siempre seré igual
si hay resquesta al final
voy hacia mi viaje, voy
y soñando partiré
sé que ya no sé quien soy
y no sé ni adonde voy
sé que un viaje es descubrir
que vivir es elegir
sé que busco mi verdad
y que un viaje es soledad
et je partirai en rêvant
je sais que je ne sais déjà plus qui je suis
et je ne sais même pas où je vais
je sais qu'un voyage, c'est découvrir
qu'il n'y a pas de voyage sans souffrir
je sais que je cherche ma vérité
et qu'un voyage, c'est la solitude
Je suis comme une bicyclette
roule, roule ma petite histoire
je sais qu'à la fin j'arriverai
toujours, toujours revenir
je suis tout ce que j'ai vécu
avec, en plus, mes doutes
que sais que je serai toujours le même
s'il y une réponse à la fin
Je vais, je vais vers mon voyage
et je partirai en rêvant
je sais que je ne sais déjà plus qui je suis
et je ne sais même pas où je vais
je sais qu'un voyage, c'est découvrir
que vivre, c'est choisir
je sais que je cherche ma vérité
et qu'un voyage, c'est la solitude.
Cartographie: Carnets de route, Culture, Images (fixes et mouvantes), Lutte pour la dignité
mardi 7 octobre 2008
(Pour écouter l'enregistrement et visualiser les images qui accompagnent ce message, rendez-vous sur le site de 8 Méridiens ∞ Parallèles 8)
Les voici enfin, les premières images de Cuba ("premières", ou presque, sur ce blog, mais parmi les dernières prises).
Quelques regards saisis dans une classe de deuxième année primaire, à l'école Eduardo Garcia de Trinidad, pendant une leçon d'espagnol consacrée à "La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf".
Merci de respecter les droits d'auteur de ces images.
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents, Images (fixes et mouvantes)
vendredi 19 septembre 2008
La vie à Cuba, vous l'aurez compris en nous suivant pendant ces trois semaines, n'est pas noire ou blanche, facile ou difficile, triste ou souriante. Elle est tout et son contraire à la fois, selon les individus sur lesquels on tombe. Infiniment complexe par son histoire, sa culture et son contexte politique, elle demande, pour être comprise, un temps d'adaptation plus important que dans d'autres pays plus lointains de l'Europe, géographiquement, mais plus proche, du point de vue des mentalités. Et il n'est pas certain qu'on parvienne vraiment à la comprendre, en fin de compte...
La Casa de la Trova de Trinidad est une galerie de personnages qui, tous, d'une manière ou d'une autre, représentent cette île, ses métissages et toutes ces petites choses qui, à nous yeux, sont autant de paradoxes. L'un d'eux est un beau danceur noir d'une soixantaine d'années, toujours habillé de noir, coiffé d'un béret blanc ou rouge selon les soirées, l'oeil luisant, l'air cynique, et très prompt à inviter toutes les femmes de l'assistance, Cubaines ou touristes, dans des salsas endiablées. Même les danseuses expérimentées finissent par perdre le fil, tant les mouvements qu'il invente sont ingénieux et compliqués. A la fin, il remet invariablement à sa partenaire la carte d'une de ses amies qui donne des cours de danse quelques rues plus loin.
En nous promenant dans l'une des rues les plus populaires de la ville, hors du centre historique, nous avons été interpelés l'autre jour par un vieillard aux cheveux blancs, torse nu, assis sur une marche devant une maison, portant des lunettes beaucoup trop grandes pour lui et un short hors d'âge, et racommodant de vieilles chaussures. C'est le regard, après plusieurs secondes d'arrêt perplexe, qui m'ont permis d'identifier notre danseur, lui-même comme soulagé d'avoir été reconnu. Difficile d'échanger autre chose que des banalités sur la nécessité de travailler et de gagner un peu d'argent, tout en se promettant de se revoir le soir. La rencontre fut troublante. Elle résumait d'une certaine manière la vie de nombreux Cubains que nous avons rencontrés: Eduardo, architecte le jour, conducteur de calèches en soirée; Felix, ingénieur spécialisé dans les moulins à sucre, qui vit en jouant des chansons de Silvio Rodriguez et Pablo Milanes dans les bars; Jorge, paysan le jour, chanteur le soir; Felicia, tisserane le jour, danseuse la nuit; Margarita, professeure de biologie qui, après 27 ans de travail, a préféré se consacrer pleinement à sa maison d'hôtes; Luiz, lui aussi ingénieur, devenu chauffeur de taxi depuis la crise de l'industrie sucrière (en 20 ans, Cuba est passé de près de 300 entreprises à 6, puis, actuellement, une vingtaine en activité). Et tous ces ingénieurs, licenciés universitaires, qui vivent de petits travaux en rapport avec le tourisme, non qu'ils ne trouvent rien dans leur secteur, mais parce qu'aller marcher une demi-journée dans la sierra avec deux touristes rapporte bien plus que travailler 1 mois dans son domaine de spécialisation.
Avec tous ça, disons-le pour que les choses soient claires, les Cubains qui se plaignent amèrement sont rares ou en ont après votre porte-monnaie. La plupart critiquent les difficultés liées aux mesures de la période spéciale, le système des deux monnaies, mais ne prétendent pas mourir de faim ou souffrir d'autre chose que de l'embargo. Au contraire, en tout cas à la campagne, ils aiment à souligner tout ce que leur offre leur île. Finalement, c'est en tout cas ce que nous avons pu constater pendant ce séjour, c'est sans doute à La Havane que la vie est la plus difficile. En province, les oeufs, la viande, le poisson, les fruits et les légumes sont abondants et accessibles en monnaie nationale à des prix tout à fait abordables. Le problème principal concerne les biens "de luxe": vêtements, matériel scolaire (mais là encore: nous avons visité ce matin une école de Trinidad et avons appris que les enfants recoivent deux stylos par mois...), cosmétiques et produits culturels (livres, disques, etc.). Nous avons constaté que la plupart de nos interlocuteurs, tout en étant critiques sur certains aspects de la vie ici, sont globalement très positifs et nous narguent gentiment en nous rappelant que l'espérance de vie à Cuba est de 77 ans, qu'ils ne paient pas le moindre peso pour être suivis et soignés lorsqu'ils en ont besoin, et que toutes les formations scolaires et universitaires sont payées par l'Etat.
Evidemment, du discours aux sentiments, de la mauvaise fortune au bon coeur, de ce qui se pense à l'intérieur des maisons à ce qui se chante dans les bars, il y a forcément un décalage qu'il n'est pas facile de percevoir en 20 jours. Mais l'optimisme général, l'énergie, la solidarité des Cubains laissent admiratif. Ici, on ne geint jamais, on agit, même après un ouragan...
Au bilan, il est évident qu'il faudrait voir plus, diversifier les expériences, en revenant si possible à une saison moins chaude, moins troublée, et avec les petits "trucs" acquis lors d'une première visite. Pour l'heure, nous nous réjouissons quand même de rentrer, malgré les amis que nous laissons ici, à Trinidad notamment, amis qui n'ont rien à offrir en souvenir qu'un vieux cahier de musique, une petite dédicace au coin d'un bout de papier ou quelques mots, amis dont on se doute bien qu'il sera difficile de les revoir... Mais telle est la loi du voyage qui, comme le dit Nicolas Bouvier, ne fait pas, mais défait, apprend à SE DÉFAIRE de ce qu'on était, ou de ce qu'on croyait pouvoir être.
Merci à tous nos lecteurs, et à tous ceux qui nous ont envoyé quelques pensées par leurs commentaires et messages divers. Revenez voir ces pages de temps en temps, pour les photos de Cuba, mais aussi pour d'autres clins d'oeil vers l'Amérique latine!
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
Bonjour à tous,
Je viens de recevoir un message de nos amis de la section neuchateloise de l'Association Suisse-Cuba concernant la possibilité d'aider les Cubains en cette période difficile d'ouragans. Je vous le transmets tel quel. Demain, nous vous enverrons nos dernieres nouvelles cubaines avant le retour... et les photos!!
Chers ami(e)s,
Comme vous le savez, les Caraïbes vivent des moments dramatiques et Cuba n’a pas été épargnée, non plus, par les ouragans qui se suivent, d’une manière inhabituelle, et sont d’une violence inouïe.
Comme dans les autres régions des Caraïbes, les dégâts à Cuba sont énormes, les maisons détruites se comptent par miliers, l’agriculture est anéantie, heureusement les pertes en vie humaine sont moindres. Aussi, lors du récent Comité national de notre Association, qui s’est tenu le 6 septembre à Zofingen, il a été décidé de lancer, à travers toutes les sections de l’ASC, une collecte d’argent en faveur de Cuba.
Notre section s’y est engagée. Cuba mérite notre soutien et nous faisons, aujourd’hui, appel à votre solidarité pour aider à reconstruire ce pays. Vos dons peuvent être adressés au compte postal de
ASSOCIATION SUISSE-CUBA
Section Neuchâtel
CCP : 23 – 1487 – 7
Avec la mention « Ouragans »
Le Comité de notre section est chargé de transmettre vos dons au Comité National. En effet, les sommes ainsi récoltées seront remises à l’ambassade de Cuba, à Berne. Nous vous tiendrons, bien entendu, au courant de cette action.
Vous remerciant par avance, recevez cher(s) ami(e)s, nos salutations fraternelles.
Le Comité neuchâtelois
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
mercredi 17 septembre 2008
Il pleut des cordes. Les rivières s'improvisent de nouveaux cours, charrient de la montagne des eaux rougeâtres qui forment des lacs étranges et lugubres, les boeufs et les chevaux en ont jusqu'au ventre, les routes ne sont, par endroit, plus visibles et les rues des villes sont tranformées en canalisations ouvertes. C'est un gros orage comme il y en a tant par ici. Demain, les Cubaines pousseront l'eau hors de leur maison avec des balais et tout recommencera jusqu'à la prochaine fois. Rien de dramatique, somme toute, mais pour nos yeux d'Européens qui s'émeuvent chaque fois qu'il y a cinq centimètres d'eau dans une cave, la "normalité" de cette météo tout en excès (35 degrés à l'ombre la journée, 80% d'humidité, nos fruits et légumes d'été qui ne poussent qu'en hiver, etc.) est bien troublante.
Nous avons traversé aujourd'hui le pays du sud au nord, de Trinidad à Remedios en passant par Sancti Spiritus et Placetas. Si plusieurs pays d'Amérique latine offrent des villes assez invariablement identiques, Cuba a cette spécificité des paysages urbains variés, chaque ville ayant son histoire propre, parfois son architecture typique. On n'y restera pas nécessairement plus d'une journée ou deux, mais à en visiter quelques-unes, comme ça, successivement, on n'a pas l'impression de s'être déplacé et arrêté pour rien.
Sancti Spiritus, capitale de Province, est une ville par bien des aspects aussi charmante que Trinidad, mais négligée du tourisme (et s'en foutant d'ailleurs royalement!). Les bâtiments sont ici aussi tout en couleur, mais plus cossus. Il y a plusieurs beaux marchés dans lesquels on ne voit que des Cubains, la vie s'exprime en monnaie nationale, pas de rabatteurs, pas de propositions louches, bref, un très bon moment. On y trouve également deux des plus vieilles églises du pays, mais celles-ci sont fermées, malheureusement. Reste donc à se balader, à observer les scènes de vie quotidienne, une (vraie) fabrique de cigares, des enfants dans une école, un hôpital, le tout apparaissant qu'on le veuille ou non, à travers les fenêtres sans vitres et à hauteur de visage qu'on longe en se promenant dans les rues.
Placetas, c'est le far-west. De grandes avenues bordées d'anciennes constructions en bois, le camion (soviétique) et le cheval comme seuls moyens de transport, des hommes tous coiffés d'un chapeau, des orchestres de cuivres qui répètent un mélange de jazz, de classique et de musique populaire cubaine autour de la place centrale... on pourrait y tourner un film sans rien changer au décor.
Et Remedios, c'est un vieux village au milieu duquel trone une magnifique église du XVIIIe siècle (fermée elle aussi), où les enfants courent pieds nus dans des rues en terre battue et où chaque coté de la place centrale est animé par un restaurant où l'on paie de préférence, ici encore, en monnaie nationale.
Des villes où on touche de plus près à la vie quotidienne cubaine, à l'artisanat directement utile à la population (fabrication de chaussures, de ceintures, vente d'outils usagés de tout genre, bricolage de vélos, de tracteurs, retapage de meubles, etc.).
Dans toutes les maisons, même les plus modestes (toujours ouvertes sur la rue), on voit des vieux meubles magnifiques, des tableaux aux cadres hors d'âge, des portraits de famille, tous objets qui, en Europe ou dans d'autres pays d'Amérique latine, auraient été éliminés au profit d'un meuble à monter soi-même ou d'un gadget électrique, plus pratique, plus compact... Les appartements cubains sont de vrais musées, toujours impeccables, confortables, où on ne peut pas ne pas s'asseoir, même lorsqu'il s'agit d'attendre 20 secondes.
A la campagne, les Cubains ne se plaignent pas. La vie est en fait moins difficile qu'à la Havane, puisqu'en plus des tiquets d'alimentation, chacun peut facilement se procurer des fruits, de la viande, du pain, etc. Invariablement, on entend des phrases comme: "De quoi devrait-on se plaindre? Nous sommes grands, gros, forts, et travaillons moins qu'en ville". Le chauffeur de taxi qui nous a emmenés aujourd'hui a profité de chaque halte pour remplir son coffre d'articles difficiles à trouver à Trinidad: oranges (qui, ici, ressemblent à des citrons verts), lard et viande fumée, textiles et savons artisanaux à des prix raisonnables, etc.
Une autre facette de cette île multicolore, multiculturelle, multi-tout, qu'il faut prendre le temps de découvrir hors des sentiers battus.
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
mardi 16 septembre 2008
Sur Cuba, bastion du socialisme pur et dur, j'avais tout entendu avant de visiter l'île. Et notamment à propos de la liberté d'expression, des risques que courraient les Cubains à critiquer le régime, ou à afficher leur sympathie vis-à-vis des Etats-Unis.
Certes, nous avons rencontré quelques personnes qui, en nous parlant des problèmes actuels de la vie sur l'île, baissaient la voix ou regardaient autour d'eux. Mais il convient de vous faire part de quelques observations qui nous ont nous-mêmes surpris, car en fait de terrible dictature autoritaire et bridant la liberté de pensée, on a vu pire.
Nombre de Cubains se promènent dans la rue avec des casquettes ou des t-shirts à l'effigie des USA: aigles, sigles US-Army, drapeau américain, parfois même sur fond de treillis militaire. Le coca, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas du tout interdit ou introuvable sur l'île. Tous les restaurants ou presque en vendent, parfois même certains commerces. C'est idiot, car le Tukola cubain est bien meilleur. Mais voilà: les irréductibles de la marque américaine ne seront pas frustrés ici et les cannettes de coca ne sont pas dix fois plus chères que celles de tukola, qu'on se le dise.
Dans les boutiques de La Havane, vous trouverez du Ralph Lauren, du Nike ou du Reebok, pour autant que vous en ayez les moyens (comme partout). Ces articles sont en vitrine.
A la télé cubaine, d'excellente qualité dans l'ensemble, on diffuse à partir de 22h des films américains (en général assez bons) en langue originale et sous-titrés en espagnol. Nous avons par exemple vu une partie du Barbier (je ne sais plus le titre exact), avec Johnny Depp. Notre hôte à La Havane, professeur d'histoire à l'Université, auteur des livres dans lesquels les jeunes Cubains apprennent l'histoire, regardait la version espagnole de la chaîne brésilienne Globo.
Il est en revanche interdit de se procurer grace à une parabole ou à un décodeur certaines chaînes des Etats-Unis, et notamment celle diffusée par les Cubains de Miami. Disons-le clairement, nombre de Cubains la regardent, à plein volume, fenêtre ouverte. Avec le nombre de policiers qui passent dans les rues, si ces actes de "subversion" étaient systématiquement et sévèrement punis, les contrevenants seraient plus discrets.
Autre chose encore: les lois sur la restauration sont très sévères sur l'île. Il y a des restaurants officiels, des maisons d'hôtes qui prennent une licence pour offrir également la restauration (c'est le cas de celle où nous logeons actuellement), et des "paladares", maisons particulières qui acquièrent une autorisation pour mettre à la disposition des touristes quelques tables. Dans ces derniers établissements, on ne doit normalement pas servir certains plats réservés aux restaurants (fruits de mer, langoustes), pour ne pas faire de concurrence. Or dans toutes les villes, à tous les coins de rue, non seulement on vous offre des fruits de mer à tour de bras, mais en plus les restaurants illégaux sont légion, à tel point que dans une petite ville comme Trinidad, il est presque difficile de trouver un paladar officiel. On vient vous chercher dans la rue, on vous donne le prix du plat de langouste, et ce sans complexe, devant les voisins, les passants, et à une telle fréquence qu'ici encore, il semble que la "répression" ne soit pas une réalité trop inquiétante pour la majorité des Cubains. A la limite, c'est le restaurateur honnête, avec permis, qui est le plus souvent tracassé par des controles de toutes sortes.
Même observation pour les faux taxis, particuliers qui vous offrent des excursions à des prix plus chers que les agences officielles, et qui sont à tous les coins de rue. Ceux-ci ne se cachent pas et ne regardent pas autour d'eux pour vous faire leur offre. Pas plus que les mendiants, en principe interdits.
A tel point qu'on en vient à se demander s'il n'y a pas un peu de mise en scène de la part de ceux qui chuchotent de petites critiques du régime en vous donnant l'impression qu'il y a des espions cachés partout...
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
Comment vous raconter Trinidad sans images?
Il faut imaginer une ville toute colorée au pied d'une chaîne de montagnes et face à la mer des Caraïbes, une ville qu'on appelle parfois "la ville musée", une ville qui pourrait ressembler à une de ces boîtes de bonbons de nos grands-mamans, avec des papiers de toutes les couleurs et le bonbon collé au papier... Marché artisanal, rues pavées, lot impressionnant d'offres touristiques en tout genre, tout y est. Sauf que, bizarrement, malgré les rabatteurs, les nombreuses personnes qui vous offrent en anglais chambres, service de taxi, de restauration (illégale), Trinidad est une ville qu'on n'a pas envie de quitter, où l'on a l'impression de vivre Cuba en profondeur, où on ne se lasse pas de contempler les scènes de rue en tout genre: discussions aux fenêtres, parties de domino, de foot, de volley ou de baseball avec des ballons complètement dégonflés ou des cailloux en guise de balle, etc. Trinidad est donc le paradis du photographe (pas de bol pour vous!), mais aussi du flâneur en quête de conversations avec des Cubains la plupart du temps très simples, très authentiques, et toujours heureux de partager un moment avec un amigo suizo. Nous profitons, donc, et passons des soirées indescriptibles à la Casa de la Trova (maison de la chanson), où nous sommes déjà connus comme le loup blanc, à parler musique avec des artistes en tout genre: purs danseurs de salsa, contemporains de Compay Segundo, où interprètes de la nouvelles chanson cubaine qui m'ont déjà proposé de me transposer toutes les chansons dont je pourrais avoir besoin. Après deux cours de guitare, je suis même rentrée chez moi avec une guitare hors d'âge, bricolée de toute pièce, qu'on m'a prêtée pour que je puisse "practicar un poquito". Voilà pour l'ambiance générale. Ajoutons à cela un logement parfait chez une hôtesse qui aime parler de tout, de ses recettes (exquises) à la politique de l'Amérique latine, toutes sortes de découvertes entre la montagne-jungle toute proche et la mer, et vous avez une vague esquisse des jours que nous passons ici.
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
jeudi 11 septembre 2008
Au début de notre sejour, nous vous parlions des différentes manières grâce auxquelles certains Cubains se procurent des CUC (monnaie convertible forte, celle des touristes, mais dont les Cubains doivent se servir pour acheter nombre de produits). Je souhaiterais ici préciser un certain nombre de points, d'abord parce que mon article ne voulait en aucun cas montrer du doigt ces pratiques, souvent plutôt amusantes (ou désolantes, si l'on se place du point de vue de celui qui en est réduit à les utiliser), et puis parce que nous avons rencontré des touristes détestables qui ne savent rien de la situation économique de l'île et se comportent souvent de manière abjecte avec les Cubains.
Premièrement, il faut savoir que les Cubains sont payés et vivent avec une monnaie nationale, le peso cubain, que le touriste n'aura en général pas besoin d'utiliser, sauf pour acheter des fruits, du riz, des haricots dans les marchés pour Cubains. Actuellement, 1 CUC (monnaie touristique équivalente au dollar américain) vaut 24 pesos cubains. Le salaire des Cubains est variable, mais contrôlé de maniere à éviter des inégalités trop flagrantes. Un professeur d'université est payé 800 pesos (un peu moins de 40 CHF par mois). Un gardien de musée environ 300 pesos. En plus de son salaire, chaque Cubain recoit chaque mois un carnet d'alimentation qui donne droit, pour chaque personne vivant sur ce revenu, à 8 oeufs, 500 gr. de poulet, 250 gr. de riz, 1 bol de haricots noirs, du sel, du sucre, 200 gr. de café, un petit pain par jour, du lait pour les enfants jusqu'a 7 ans, un quart de litre d'huile, un savon un mois sur deux, une dose de poudre à lessive un mois sur deux, 1 tube de dentrifrice pour 3 personnes tous les 3 mois, un demi-litre de détergent universel tous les 6 mois. Dans les magasins reservés aux Cubains, ceux-ci peuvent bien sûr acheter un peu plus de chaque chose avec leur salaire, puisque les éléments du carnet ne couvrent pas les besoins mensuels. Le gros problème est l'achat des habits, de boissons en bouteille, de produits cosmétiques ou nettoyantes divers, sans parler des livres, cahiers, stylos, etc., qui ne peuvent être acquis qu'en CUC. Les Cubains ont donc besoin de CUC. Ceux qui travaillent directement avec les touristes en ont facilement. Les autres doivent les trouver d'une manière ou d'une autre, d'où certains procédés un peu limite parfois, ou une insistance à rendre des services moyennant rémunération.
Toutes choses finalement compréhensibles pour peu qu'on observe, qu'on discute, et qu'on essaie de donner directement le bien manquant: t-shirts, habits, chaussures, savon, dentrifrice, brosses à dents, etc. La gratitude est souvent mille fois plus visible que si l'on tend un billet. Essayez un peu de donner un savon à une mendiante des Saintes-Maries-de-la-Mer et vous me raconterez...
Encore un exemple concret de cette situation économique difficile. Nous avons rencontré à Cienfuegos un conducteur de calèches qui nous a fait decouvrir la ville, nous a amenés chez des Cubains ou nous avons mangé comme des princes, nous a donné de nombreuses indications précieuses. Il est architecte. Sa femme urgentiste. A eux deux, ils gagnent moins en un mois que lui avec son cheval en un week-end, transportant des touristes (ce qu'il n'a absolument pas le droit de faire). En utilisant son taxi, on le fait donc entrer dans l'illégalité. S'il se fait remarquer par la police, l'amende peut être sévere. Mais on rencontre un Cubain, on discute, on échange, on donne un savon ou un pull et, concrètement, avec les dix CUC qu'on laisse pour toute une soirée passée à découvrir, on aide...
Certains touristes prennent très mal cette situation, se fâchent contre l'insistance de ceux qui offrent leur service, contre l'inégalité des prix Cubains / touristes. Ce sont ceux dont le principe de voyage est un billet d'avion cher contre 3 semaines de vie pour rien. Ceux qui voudraient que tout en maintenant un blocus infame contre cette île, on vienne ici se bronzer sur les plages, danser, manger des fruits de mer, au même prix que les Cubains... qui ne peuvent pas faire tout cela!
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents
Etant donné les conditions climatiques, nous ne pourrons pas aller jusqu'à la province de Manzanillo où nous aurions dû visiter l'école de musique Manuel Navarro Luna et remettre le matériel que nous avons apporté ici. Grosse déception, en partie consolée par la bonne volonté de la directrice de l'ICAP (Institut Cubain pour l'Amitié entre les Peuples) où nous logions, qui nous a proposé de nous arranger une visite de l'école de musique de Cienfuegos. Nous avons donc pris l'initiative de remettre une partie du matériel à Cienfuegos et de faire acheminer l'autre partie à Manzanillo par l'intermédiaire de l'ICAP.
Deux téléphones et l'école de musique Benny Moré, fermée normalement jusqu'à lundi, s'est ouverte spécialement pour nous. Une délégation d'une dizaine d'élèves avait été convoquée. Ils nous ont joué quelques pièces, nous avons discuté, découvert la structure de l'école puis presenté le matériel qui a beaucoup touché les professeurs et la directrice.
J'ai un enregistrement du concert mais, comme pour les photos, il est impossible ici de télécharger quoi que ce soit. J'espère donc que vous reviendrez voir ces pages après notre retour pour les découvrir plus complètes.
Le systeme d'éducation cubain est l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur d'Amérique latine. L'école est gratuite, ce qui n'est pas évident dans cette région du monde. A Cuba, les enfants sont suivis en fonction de leurs problèmes ou de leurs talents spécifiques, et c'est de cette manière qu'on recrute par exemple les futurs musiciens, qu'on crée des classes spéciales pour des enfants ayant besoin d'un suivi médical spécifique (par exemple pour les mal-voyants).
L'école de musique que nous avons visitée permet aux enfants de suivre les cours normaux de langue, mathématiques, histoire, etc. le matin, et de faire de la musique l'après-midi. L'enseignement comprend l'apprentissage d'un instrument spécifique, vers lequel l'enfant est dirigé en fonction de ses goûts, mais également de sa constitution physique (!). Tous suivent en outre des classes communes de solphège et d'histoire de la musique, des cours de piano et de chant. L'école en question forme des enfants aux degrés primaires et secondaires, qui iront ensuite se perfectionner dans une autre province. En lieu et place du service militaire, ils sont affectés comme professeurs de musique dans une école puis deviennent ensuite ou professeurs, ou musiciens d'ensemble, ou solistes. Il semble que la carrière musicale puisse se faire sans problème à Cuba et que ces enfants aient donc un avenir assuré.
Le niveau des éleves que nous avons entendus était en tout cas excellent, et vu l'état de certains instruments (notamment la guitare du premier prix 2008 de musique classique), nous ne doutons pas de l'utilité de notre donation...
Commenter cet article
Cartographie: Carnets de route, Cuba par mots et par vents


























